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Yoga

Le yoga comme porte d’entrée vers la liberté intérieure

La liberté

Je suis excitée comme une petite puce devant mon PC à l’idée d’aborder ce vaste et riche sujet qu’est la liberté. J’annonce d’emblée que l’on ne va pas faire le tour de la question dans cet article :-). D’abord, distinguons deux formes de liberté : la liberté extérieure et la liberté intérieure. La liberté extérieure c’est pouvoir se mouvoir, travailler, entreprendre, voter, aimer et s’exprimer librement. Nos sociétés occidentales et démocratiques sont critiquables sur plusieurs points mais globalement on peut affirmer que nous sommes libres extérieurement. Je suis d’ailleurs extrêmement reconnaissante envers l’univers d’avoir mes deux passeports canadien et européen. Des gens meurent pour tenter d’obtenir ces papiers d’identité. J’ai une chance inouïe d’être née au bon endroit.

Mais ce qui nous intéresse ici c’est la liberté intérieure. Le philosophe Pierre Bourdieu disait que “l’on naît déterminé et que l’on a une toute petite chance de mourir libre“. Ou autrement dit, on naît dans un milieu social avec une famille qui est ce qu’elle est – donc avec des déterminismes sociaux – et qu’ensuite on doit travailler toute sa vie pour s’affranchir de ses boulets et parvenir à une forme de liberté intérieure. “Pour être vraiment libre et heureux, il faut nous libérer de l’illusion du libre-arbitre pour chercher et trouver ce qui nous détermine” écrit Spinoza.

Il faut voir l’essence de notre être au fond de nous, bien nichée sous les strates de crasses accumulées. Par crasse j’entends les peurs, l’égo, la jalousie, l’arrogance, la violence, la mesquinerie, … tous ces sentiments qui nous mènent par le bout du nez et nous éloignent de l’idéal de liberté que l’on a toutes* envie d’atteindre pour soi mais aussi pour les autres. Pour offrir au monde la meilleure version de soi-même et ainsi participer à la création d’une paix commune. Bien oui. Imaginez si tout le monde fait le ménage dans ses casseroles. Le monde serait nettement plus apaisé.

Devenir une soldate de notre liberté intérieure

Alors la question est “Comment devenir libre intérieurement dans cette société injuste et malade”? C’est là que le yoga et la méditation entre en jeu. Ce sont des outils hyper efficaces pour cheminer dans cette voie. Pour arrêter les perturbations mentales et d’être en réaction constante face au monde qui nous entoure. Mon amour, Neitzsche l’explique bien :

” La liberté, c’est devenir plus indifférent aux chagrins, aux duretés, aux privations, à la vie même. L’homme libre est guerrier. À quoi se mesure la liberté chez les individus comme chez les peuples? À la résistance qu’il faut surmonter pour rester en haut. Le type le plus élevé de l’homme libre devrait être cherché là, où constamment la plus forte résistance doit être vaincue: à cinq pas de la tyrannie, au seuil même du danger de la servitude… Premier principe: il faut avoir besoin d’être fort, autrement on ne le devient jamais.”

Nietzsche, Crépuscule des Idoles, § 38

Devenons donc des guerrières spirituelles en route vers la liberté intérieure. Et cela passe par la discipline. Il faut faire des choix les amies : rester dans sa merde ou se discipliner. Comme une soldate de la sagesse 🙂 Mais tout cela peut se faire tranquillement.

Par quoi on commence ?

Les huit membres du yoga selon Patanjali, sont une excellente base de réflexion pour commencer. Ces huit membres sont en réalité des étapes vers le Samâdhi, c’est-à-dire la tranquillité totale de l’esprit. Personnellement, cela m’a énormément aidé pour avancer.

Pour vous expliquer brièvement, il y a d’abord les 5 yamas (ahimsa, satya, asteya, brahmacharya, aparigraha) et les 5 niyamas (saucha, santosha, tapas – rien à voir avec les tortillas 😉 -, Svadhyaya, Ishavarapranidhana) qui sont des règles de discipline pour vivre une vie harmonieuse. Je pourrais consacrer un article entier sur chacun. Mais prenons un exemple : ahimsa. La non-violence. Prendre la décision de s’exercer à s’engager fermement dans une réelle démarche de non-violence envers les autres ET envers soi-même. Et si on arrêtait de se dénigrer en permanence et de juger les autres ? En tendant vers cela, même si on y arrive pas à 100% du temps, on se sent tout de suite mieux.

Et après ces yamas et niyamas viennent les 6 autres membres du yoga que sont :

  • Les asanas (les postures de yoga) où finalement on apprend à trouver du confort dans des moments inconfortables.
  • Les pranayamas (les exercices du souffle) pour dissiper ce qui cache la lumière.
  • Pratyâhâra où l’on s’entraîne à observer ses sensations pour être témoin et non plus acteur de ses sensations. C’est hyper efficace pour ne pas se laisser envahir. Je ne suis pas ma tristesse, mais je me pose en observatrice de ma tristesse, donc je ne fais plus corps avec elle. PAF on se sent moins triste d’un coup. Vous voyez ?
  • Dhârana qui est une méditation où l’on fixe son mental sur un champ déterminé.
  • Dhyâna qui est le moment où la méditation devient plus profonde et n’a plus besoin de se focaliser sur un champ et devient unifiée. Quand on pense VRAIMENT à rien.
  • Et finalement Samâdhi où l’on atteint un état d’éveil et une tranquillité totale de l’esprit.

Donc voilà une feuille de route extraordinaire pour travailler sa liberté intérieure. Allez piocher là-dedans pour réfléchir et expérimenter. Et la réussite dépend de vous et de personne d’autre.

Cette discipline exigeante (…) procure la joie indépassable des victoires sur soi, ou plutôt sur ce qui livre assaut à la force du soi. Régler ses aspirations, discipliner ses désirs, ce n’est pas les disqualifier, ni préparer leur rejet, mais au contraire se mettre en mesure de les assouvir dans leur plénitude. Celui qui se concentre sur ce qui est aujourd’hui en son pouvoir évite l’épuisement inutile et le découragement qui fait douter de toute initiative. Il s’octroie d’un même mouvement deux allégresses : celle de la victoire intérieure sur une impulsion aveugle, et celle de l’action efficace qui viendra le moment venu. Nul fatalisme, nul attentisme non plus, dans cette façon de scruter le champ du possible.

Bonheur, Henri Pena-Ruiz

Vous êtes encore là ? Haha. Maintenant que je vous en ai mis plein la tête, je vous souhaite de la force et de la détermination sur le chemin de votre liberté intérieure. Et cela passe entre autres par le chien tête en bas 🙂

*Sur ce blog, la règle de grammaire du masculin qui l’emporte sur le féminin ne sera pas appliquée. C’est le féminin qui l’emportera sur le masculin 🙂

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