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Le souffle des Dieux : l’histoire étonnante du yoga moderne

Krishnamacharya dans la posture du chien tête en haut, Urdhva Mukha Svanasana en sanskrit.
Krishnamacharya dans la posture du chien tête en haut, Urdhva Mukha Svanasana en sanskrit.

Ma professeure d’Ashtanga, Vanessa, a eu la riche idée de projeter dans notre shala le documentaire Le Souffle des Dieux sur l’histoire du yoga moderne. Pourquoi moderne? Parce que le yoga est divisé 5 périodes : védique, pré-classique, classique, post-classique et moderne. Les Yugas Sutras de Patanjali qui sont souvent cités ont été écrits au IIe siècle, durant la période classique. Il fut le premier à présenter le yoga de façon systématique. Manuscrit. C’est ce livre qui a organisé les savoirs du passés, influencés aussi par le bouddhisme.

Le documentaire est axé sur Krishnamacharya, l’homme que l’on considère à l’origine du yoga moderne. Ce Monsieur qui avait l’air un peu terrifiant – !!! – a été le professeur de Patthabhi Jois (le créateur du yoga Ashtanga) et de Iyengar (le créateur du yoga du même nom). Deux élèves aux visions et aux caractères opposés qui ont chacun créé leur école.

Krishnamacharya était certes visionnaire, talentueux et ambitieux mais il semblait d’une rigidité hallucinante. Son élève, Iyengar, raconte dans le film qu’il enseignait en mode  “voici la posture, maintenant débrouille toi et tu as une présentation dans 1 mois”. Sympa ! Donc aucun accompagnement ou explication. Et ce qui m’a le plus interrogé c’est surtout aucune écoute du corps et de ses limites ! Alors que pour moi c’est un peu la base du yoga d’écouter son corps. J’ai compris que cette dimension est venue après, et surtout grâce à Iyengar qui a dû adapter sa pratique parce qu’il était malade durant sa jeunesse.

Autre chose étonnante, voir choquante en fait, c’est l’aspect “spectacle” des démonstrations de Krishnamacharya devant les riches familles de maharadjah à Mysore. Pour moi, le yoga est l’abandon de l’égo. Et avec ces démonstrations-spectacle, on est carrément dans le gonflage d’égo à bloc ! Cela me semble complètement incongru. Cerise sur le naan, beaucoup de militaires pratiquaient le yoga pour entretenir un corps prêt à combattre … Méga gros trois petits points de suspensions. Je suis perdue si on associe le yoga a une performance et à la … guerre ! Iyengar l’explique bien dans cet extrait. Le yoga était devenu à cette époque un art martial pour entraîner les militaires, et ces derniers ne voulaient pas entendre parler de philosophie et de méditation.

Iyengar, à partir de l’héritage laissé par son guru Krishnamacharya, y a ajouté ses propres innovations pédagogiques. C’est lui qui a écrit “La Bible du Yoga” le premier livre illustré sur le yoga avec des photos des asanas et ses “secrets” pour les exécuter correctement. J’aime bien quand il explique que ceci ne signifie pas pour lui une rupture avec son maître mais une progression de la science qu’est le yoga. Patanjali écrivait que le yoga est une culture universelle et pas seulement indienne. Ainsi, toutes les influences bénéfiques faisant progresser le yoga sont bienvenues, même si elles proviennent en dehors des frontières de l’Inde. C’est beau ça.

C’est aussi Iyengar, plus que Patthabis Jois qui a pris soin d’inclure dans sa pédagogie un accompagnement de l’élève. Moi qui suis une Ashtangi, en voyant la vidéo, j’aurais été à l’époque plus volontiers dans un cours avec Monsieur Iyengar que Monsieur Jois. Il avait tout simplement l’air plus bienveillant. Enfin, c’est également lui qui a fait connaître le yoga aux Occidentaux.

Le Iyengar est pratiquement le seul yoga que je n’ai pas encore testé ! Mais avec son approche, sa bonne bouille, son sourire et ses gros sourcils il me donne envie de tapper “cours iyengar grenoble” dans Google. 🙂

Les maîtres Iyengar et Patthabis Jois

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