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Yoga

Coucou l’égo !

L'égo et le yoga

Le yoga est une discipline tellement vaste qu’elle permet de mettre en lumière et de se questionner sur des sujets qui n’ont à priori aucun rapport avec le fait de se mouvoir sur un tapis. Avant de m’engager sur ce chemin, je n’avais absolument aucune conscience de cette petite bête mesquine ultra présente dans nos vies – dans ma vie – qui s’appelle l’égo. Ahaṃkāra en sanskrit.

Mais c’est quoi l’égo au fait ? Et bien la définition dépend comment on le regarde : avec l’oeil de la psychologie moderne ou avec celui des spiritualités ancestrales. La première le considère comme le fondement de la personnalité et la seconde comme une entrave majeure au développement personnel. Inutile de vous dire de quel côté je me situe 😉

Le sage indien Krishnamurti parlent de l’égo comme d’une fausse personnalité constituée de souvenirs et d’expériences. La confusion entre l’ego « fausse personnalité » et sa vraie nature produit une illusion qui prive celles et ceux qui en sont prisonnier.e.s d’une vraie liberté et les enchaîne à des schémas de souffrance (égocentrisme, orgueil, vanité, amour-propre, « perception erronée du monde »).

Le moine bouddhiste Chögyam Trungpa Rinpoché explique, pour sa part, que l’ego est comme une construction mentale ayant une existence sur un plan conventionnel, mais n’ayant pas d’existence autonome ou intrinsèque. Il n’est ni dans le corps ni dans l’esprit : « Même si nous parlons de l’égo existant comme d’une chose solide qui offre divers aspects, essentiellement il n’y a pas de substance solide. L’ego ne vit effectivement dans le temps uniquement comme un processus continuel de création ; il est perpétuellement en train de mourir et en train de renaître. »

Plus simplement, j’explique l’égo comme le faux moi à différencier du vrai moi l’Atman, le sens de pure conscience d’être ou de pur « je suis ». 

Nietzsche disait que les humains n’agissent en rien pour eux-mêmes, pour leur véritable nature, mais bien pour l’image qu’ils ont d’eux-mêmes.

Ce qui est terrible là-dedans c’est que toutes ces couches émotionnelles, toutes ces constructions mentales, ces fausses croyances que notre tête fabrique en permanence nous font prendre de mauvaises décisions, de mauvais chemins, opérer de mauvaises analyses de la réalité. C’est ce qui fait que l’on se retrouve dans des situations ne nous correspondant pas, empêtrées dans une vie qui file entre nos doigts au lieu de travailler à toucher et vivre le sacré de l’existence. 

On dit souvent que le yoga c’est l’arrêt des perturbations mentales. Ce n’est qu’en s’engageant dans une pratique active de la méditation et du yoga que l’on peut initier un mouvement, un souffle – pranayama – qui agira comme un vent qui balaiera les strates, agissant comme une chape de plomb crasseuse sur le vrai moi. 

Alors, je vous rassure tout de suite, je suis loin, très loin, de m’être affranchie de mon égo. La petite victoire, c’est que maintenant,  j’en ai conscience. Je me vois agir et je me prends très souvent la main dans le sac, en pleine manifestation d’égo. Parfois, c’est assez sournois. Comme par exemple demander de l’aide. De par mes convictions féministes, j’ai tendance à considérer que demander de l’aide est une entrave à mon émancipation de femme indépendante et moderne. Ces derniers temps, j’ai été confronté à certaines situations où j’ai dû faire appel à mes proches pour des coups de pouce. 

Je suis seule à gérer cette entreprise qu’est La Shanti Box, en plus de mon quotidien de mère et de professeur de yoga et parfois, et bien, cela me pèse psychologiquement et matériellement. Ma première réaction a été de refuser l’aide proposée afin de correspondre à la construction mentale que je m’étais fait de moi-même.  « Non merci, je suis capable toute seule ». Sauf que cette attitude est vraiment …. débile. Héhé. Si je m’assois pour méditer deux minutes, pour me connecter au fond de moi-même, je m’en rends compte immédiatement. En écartant brutalement l’aide que l’on me propose, je satisfais clairement mon égo et je me prive de cette magnifique connexion avec d’autres êtres humains dans le Dharma, l’ordre universel cosmique.

On se trompe aussi de positionnement intérieur quand nous souhaitons à tout prix réaliser des postures de yoga hyper difficiles pour flatter notre égo et se délecter du regard ébahi des autres sur nos performances. Ou quand nous clamons haut et fort notre véganisme en se positionnant au dessus des autres.

Les manifestations de l’égo sont constantes et partout. Surtout avec les réseaux sociaux qui sont des pipelines de nourriture pour lui.

Je suis aussi une grande malade de l’égo comme à peu près 99% d’entre nous toutes. Je n’ai pas  de recette miracle à vous proposer, si ce n’est que d’en prendre conscience permet au moins de poser le pied sur le chemin long et ardu menant vers une liberté beaucoup plus savoureuse, fondée sur le vrai moi. 

Se poser pour méditer 5 à 10 minutes par jour pour observer, avec du recul, les pensées qui surgissent dans notre mental, permet de s’en détacher quelque peu et de créer quelques crevasses pour tenter d’atteindre sa nature profonde.

Je vous le souhaite de tout coeur car alors, la vie prend un goût meilleur.


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